Un rire raisonne encore, vide, faux, dépourvu de joie, et rempli d'ironie, comme une bande-son d'une série à la con. L'épisode passe et repasse en boucle, jusqu'à ce que le cœur s'en lasse et lâche. J'aime tout de toi, ton sourire en coin, tes regards malicieux, mais depuis qu'ils sont forcés, je les déteste, et je redoute chaque fois le moment où ils vont apparaître. Et chaque jour quand je pense à toi, ma conscience m'envoie des remords, parfois fades ou amers, d'autres fois réellement imbuvables. Et quand je me tourne sur moi-même, j'ai l'impression de regarder une tasse vide, dont le marc de café ne semble pas se décoller, durci avec le temps, noir & épais. Je n'parle pas de mes regrets, non, là, j'en aurais certainement trop à dire, ou rien, du fait qu'ils soient cachés derrière un brouillard largement étendu de fierté, à tel point que je ne puisse le disperser moi-même. Il est dit partout que la solitude blesse. Pourtant, il est vrai aussi qu'elle permet de se retrouver soi-même lorsqu'on s'égare. Et c'est au moment, je pense, auquel on se réveille face à l'autre qu'on prend peur, peur de ne pas être protégé. Le sentiment de vulnérabilité n'est qu'un mauvais rêve, dans lequel tout peut nous arriver, dans lequel le pire se présente.
Des sursauts nocturnes, quand je rêve encore de toi. Voilà ce qu'il me reste. Mais pas des rêves, des souvenirs. Une guerre intérieure de souvenirs, comme des volets battants, sans savoir lequel fermer en premier, sans devoir recommencer. Ton odeur a disparu, quoi qu'il en soit, elle ne me permettait pas plus de te toucher, alors j'm'en fous. Là-haut j'sais pas si t'es fier de moi, mais j'espère que tu n'as pas trop honte, car n'ayant plus d'estime personnelle, la tienne m'est primordiale. Et m'en veux-tu d'aimer encore ? Moi je m'en veux. Tu sais, je m'en veux de n'pas avoir trouvé le bonheur pour toi. C'est un peu un coup « dans le vent », inutile, puisque douloureux. Alors j'suis désolée. J'arrête, promis j'arrête, je n'aimerai plus ailleurs, et par-dessus tout, je cesse de me plaindre, d'étaler mes déboires amoureux, mes catastrophes sentimentales. Surtout à toi, non, surtout pas à toi. J'sais pas quoi faire, j'sais même plus qui je suis. À l'échelle du monde ? Je ne suis rien. Mais à tes yeux ? Et aux siens, dis-moi, est-c'qu'il m'aime encore ? Est-c'que parfois il pense à moi ? Non hein.. . Tu sais, c'est une chose que je t'envie, l'omniscience, tu peux t'immiscer partout où tu le souhaites, tout savoir, omniprésent. Être à ta place, et te regarder vivre. Echanger tes secondes avec les miennes. J'suis pas militante du bonheur, d'la joie et d'la bonne humeur, mais je t'offre ma vie, c'est p't'être pas un cadeau, et c'est pas la meilleure, mais fais-en ce que bon te semble. Prends ma place, allez. Viens. On s'croisera peut-être en chemin.
C'est parc'que je n'ai jamais trouvé de trèfle à quatre feuilles, ou parc'que j'ai brisé trop de miroirs, hein ? Dis-moi, qu'est-c'que j'ai fait ? Toute cette merde autour de moi, c'est une punition, ou c'est moi qui l'ai semée ? Aide-moi, je t'en supplie, aide moi.. . C'est la fatigue, qui m'empêche de réfléchir comme ça ? Ou est-ce le fait que je sois magnétisée à toi, sans plus aucun cerveau, aucune pensée ni réflexion. Juste ça, automate, pourtant je me souviens avoir eu un cœur, une raison. Ne m'as-tu rien volé, en partant loin de moi, dis, c'est p't'être moi qui comprend rien, ou toi qui a oublié d'm'expliquer. J'en sais rien, j'tourne en rond.
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