Capitaine un peu bourré, d'un navire abandonné, jette les bouteilles à la mer, oubliant, vaguement, d'y glisser le mot. Cet idiot. Ce soir c'est la dérive, l'oublie n'vient pas. Il n'arrive jamais. Le manque, lui, est là, bien ancré dans la tête, comme tatoué dans le dos, sur l'infime partie que l'on ne peut toucher, même en essayant d'y joindre les deux mains, à cet endroit précis. Alors il boit pour oublier. Le coeur implose, les souvenirs, eux, ne semblent pas se décoller. Ils tachent la palette de couleurs d'un gris amère.Le pauvre, perdu, ne sait que penser face aux rires entremêlés, offerts par ses semblables, qui prétendent être supérieurs. Oui, le saoûl crie de haine, de peur et de douleur, sans aller contre son coeur. Face à eux, il s'en est arraché les tripes, s'est ravalé le foie, ouvert l'apendice. Aucune réaction, chacun s'en est allé, laissant l'homme au destin de la mer, de toutes façons c'est chacun sa merde. Là, seul, il est resté encore. Parfois maudire son corps, de tant d'ivresse humaine, de la bêtise pleine, la bête. Il lui suffisait simplement de lever la tête.
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