jeudi, mars 10, 2011

Burlesque.

Tout s'casse la gueule. Tombée de rideaux sur des masques inachevés. Le spectacle est terminé. Les rires résonnent encore, tandis que les bêtes pleurent dans les caves basses. Cruel destin. Vision scellée. La scène s'effondre, toujours un peu plus. Les représentations se font rares & le théâtre pitoyable. Comédie. Ici, on n'rit que de drames & de tragédies. Moi je suis là. Assise, à pleurer encore. Parc'que je n'sais faire que ça. Mes jambes, lourdes, me hurlent de cesser cette course folle. Immobiles pourtant. C'est le coeur, je crois, qui se lasse de mes efforts inexistants. Dis, et moi, c'est quand, que j'ai le droit de retirer ce déguisement ? Dis, tu m'avais promis que je n'jouerai la poupée que pour ce soir. Encore une fois, j'ai amusé. Encore une fois, j'ai merdé. Jamais je n'changerai, hein ? Dis, je suis ton pantin, ta marionnette ? Et quand tu seras lassé, toi aussi, de jouer avec moi ? Où me jetteras-tu ? Aurais-je encore droit à quelques privilèges ? Sombre idiote, comment ai-je pu croire que tu étais sérieux, que tu m'adoptais parc'que tu m'aimais. Dans cet épouvantable cirque. Pitoyable exploitation d'enfants esseulés. Oh, tu sais, en bas, il fait froid & humide. Et puis, l'odeur des égouts me répugne. Mais je suppose que tu t'en fiches. Au même titre qu'eux, tu n'es là que pour applaudir, mais savent-ils vraiment ce que nous endurons, chaque jour ? Rient-ils de nous, ou de toi ? Que font-ils en sortant, que disent-ils en arrivant. Qui-a-t'il au dehors ? Le bois qui a fait mes jambes, leur sert à brûler aux hivers. Qu'en est-il du verre qu'il y a dans mes yeux ? ...

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