jeudi, mars 10, 2011

La petite bulle.

A chaque rendez-vous, au moment de l’acte, elle place ses mains avec une stratégie certaine, de façon à ce qu’il ne remarque pas ses formes imparfaites, et pensant qu’il ne les connait pas déjà. Les phalanges réparties sur la hanche, son buste légèrement courbé sur la gauche, repliée sur elle-même, l’autre membre devant la poitrine. Ainsi, elle s’assoit, gênée, les jambes croisées. Lui, qui la juge sans-arrêt. Sans pouvoir la toucher, il lui dévoile ses défauts. Un espace inexistant entre ses larges cuisses. Un corps disgracieux, qui tend à la moquerie. Ses doigts boudinés, cachés par une multitude de bagues, soigneusement choisies, et une rondeur pareille à une bille de verre. Le visage, las de sourire sans joie, devient laid, ses yeux ne voient plus qu’une marque destructrice. La cicatrice d'un temps, d'un monde sans retouche. Le « paraître », celui auquel les hommes s’attachent tant, l’effraie, la petite fille au coeur souillé. A ces instants, elle se délite, n’osant retirer ses sous-vêtements, bien qu’elle ne soit que face à elle-même. Une guerre intérieure, quand l’«être » s’en mêle. L’arme sans égale, chaque matin, le miroir détruit l’illusion.

Sans suite.

Mise à nue encore une fois, à se regarder le nombril. Non pas pour n’voir que lui, plutôt pour le blâmer. Malgré des efforts, le corps se dévoile toujours disgracieux, presque difforme. Vu d’en haut, il est petit, vu de face, il n’en est que plus trapu. Le visage est à gerber, les yeux, fuyants, tentent d’échapper à ce spectacle. Elle attend le soir, pour baisser les bras, toute seule dans le noir, personne ne la voit. Ne se dénude qu’au tiers, et jamais dans la lumière. A travers un épais brouillard, ne commettra aucun égard.

La beauté, modèle de l'hystérie.

; Cette nuit l'irréparable a dévalé les escaliers, bousculant la quiétude malsaine d'un homme sans remords. Plongée dans les songes, je n'regarde plus au devant. Morphée avance avec le temps, mais je pensais qu'il était idiot de lui courir après. Il suffit d'une faille, d'un égarement, un instant d'inatention, une erreur de jugement, ou une faiblesse de ta part, pour que le corps de l'autre s'effondre. Tu n'peux pas être le pilier d'une vie entière, s'il ne s'agit pas de la tienne. Alors moi, je t'offrirai la force et le courage dont un humain normalement constitué a besoin. Tu n'as pas besoin de toutes ces sottises. Il est difficile parfois de s'accrocher, mais ce n'est pas impossible. La peur foudroie, tu sais, et tu auras en face de toi, une femme sans visage, avachie dans les bras de l'effroi. Traversée de frissons, et de sueurs froides, pas de répit, pour les furies. La boîte à musique, derniers soupirs des maux, fredonnant tristement l'hymne du pauvre, l'organe vicieux, et vulnérable à la fois. Croyances infondées, rires saccadés, succèdent une enfance pourtant sans passé. Vital, le cœur est son propre ennemi. La raison le contredit. Le cerveau, pourvu de réflexion et de conscience, agit sans se le dire, sans même besoin d'un signe, il décide. L'objet de désir, la putain de plaisir. Payer son amour, pour peu d'attention. Sentiment d'inachevé, joyeux bordel humain, dans ce monde de catin. Plus rien n'a d'importance, s'il n'y a plus d'influence. La montre tourne encore, tant les os cessent de craquer, pour enfin laisser un silence s'échapper. Les jambes ne cèdent pas sous le poids du corps encore endolori, les paupières, déjà closes, ne répondent plus de rien. Anatomie défectueuse. Déchet de l'âme, rejet d'un esprit toujours fermé. Le manque ne se fait plus ressentir, sous l'anesthésie des sens. Un simple regard suffirait pour conclure que la fin est proche. Pourtant, c'est faux, elle ne l'est pas temps que la vie court encore, coule à flot dans les veines acerbées, les griffe lacèrent la chair auparavant martyrisée. Petit engrenage, clip-clap, et ne stoppe jamais. Mais au fil des heures, les phalanges semblent déjà saigner. Dure réalité. Spectateur de sa personne, incapable et impuissant face au destin. C'est comme ça, tomber, se relever, on y peut rien, on y est contraint, et forcé. La poupée, elle, semble libre, et danse encore dans son boîtier. Un peu bancale, accoudée à un morceau de carton, sur un support de velours rouge. Le sourire aux lèvres, mais les yeux ne mentent pas, et l'ennui s'y fait ressentir. Léger, son pas se voudrait lourd. L'envie n'y est pas, mais la nécessité, elle, n'épargne rien. La vue dédoublée, engendre un vertige. Dernier virage.

Des rêves en pagaille, puisque la ville dort, puisque le monde est mort.

Repliée sur elle-même, dans cette pièce, d'un bordel innommable, elle n'aura cessé de pleurer qu'une fois le vacarme terminé. Un bruit sourd, vide de mélodie, constant, lui perçant à chaque battement de rythme un peu plus les tympans. Pauvre perdue, au milieu de rien, au centre du monde, et pourtant personne ne la voit. Une fois levée, elle n'ouvrira les yeux qu'après le malaise passé. L'ouverture sur un horizon inconnu. Jusque là, quelques pas seulement, trop faible, ses jambes fébriles, tremblent, essayant de frayer un chemin, permettant à la laide d'avancer dans ce tas d'immondices. Mouvements incertains, gestes saccadés, sur ce sol à peine palpable, à travers lequel elle pourrait passer d'un moment à un autre. Difficulté insurmontable, la chute ne la rendra que plus mal. Blanche, les bras axés devant son nez, le doigt pointé sur la porte. Brouillard nouveau, quelque peu malodorant. La charpente usée laisse entrer quelques gouttes. Les cheveux humides, l'air malade, elle stagne là, dans l'incapacité de se relever. Poutres fissurées, prise de conscience. Tout s'écroule, sans qu'elle ne bouge.

Bof.

Ecrire, c'est l'âme des faibles, le tombeau des vivants. L'encre des maux, l'ombre de la démence. Un jardin de solitude, fleuri par la pensée, des hôtes imaginaires à ce sombre tableau. Déchet de l'autre, refus de raison. Irréel, mais qu'importe, ici, rien ne doit choquer, rien ne paraît irrationnel. L'écriture n'a pas de contraire. Le sens n'en est que déduit d'une façon ou d'une autre, afin de ne pas déranger la vision du lecteur, qui souvent, n'y comprend rien d'avoir mal au cœur, alors que ce sont ses yeux qu'il fatigue. Chaque phrase est une veine à l'expression. Si on l'extirpe de son contexte, c'est le bazar. Si on la déplace, on qu'on en inverse chaque particule, alors le lien est rompu. A ceux qui pensent ne pas savoir qu'il y a un sens à tout ça, je crois qu'il n'y a rien à faire, et que jamais les mots ne les toucheront, autant qu'un jour ils m'ont eue.

Elle s'fout d'tout.

L'engrenage est lancé, la putain a succombé aux charmes meurtriers d'un corps sans âme, aveuglée de ses atouts, et du « paraître » qu'il en émane. Simples chasses quotidiennes, dont aucun ne semble se lasser. Abandonnée aux caprices des songes, laisse Morphée entrer dans le jeu. Un parallèle décadent, le trou béant vers un avenir déjà mort. Un semblant de galanterie à gerber pour écarter les soupçons, un fond de musique, étouffant les murmures indésirables, et une belle gueule pour l'attirer dans ses filets. Facile, le compte à rebours a déjà commencé. 5. 4. 3. 2. 1. Amoureuse. C'est trop tard. A demi-nue, si l'homme la regarde, son égo est flatté, s'il la touche, elle est comblée, mais s'il la pénètre, elle reste outrée. Pourtant deux heures passées, elle jouira au supplice du désir, la conscience endormie, les cuisses écartées, tremblantes et transpirantes de satisfaction. Et l'autre débande, d'un plaisir assouvi. Le cœur à l'arrêt, écrasant le linge plié, détruisant tout sur son passage. Bris de vaisselle, on ramasse les pots cassés. Plus de cris que d'amour. Sens unique à toujours. Et afin qu'elle n'oublie jamais, il s'assurera plus tard de la dénigrer.

Toujours essayer de n'avoir aucun regret.

Blanc. C'est la couleur de mon cœur, parc'que vide. Terne, fragile, mais lourd, posé là, comme sur un fil, en équilibre, près à tomber, sans rebondir, se briser en mille morceaux. Je feins le bonheur, j'imite la joie des autres, et leur enthousiasme par jalousie, parc'que je n'veux pas me montrer vulnérable, mais au-dedans, c'est le bazar le plus complet, l'apothéose, l'apocalypse. A l'intérieur je n'vis plus, j'essaie vainement de rire, mais les yeux n'y croient pas, n'ayant plus foi en rien, ils fuient doucement à l'écart, me laissant rêver que là-bas, tout irait mieux, tout s'arrangerait en un claquement de doigts.

J'lui aurais craché à la gueule par haine, dit des mots blessants -mais pour moi-, j'peux rien lui reprocher, j'me suis moi-même passée la laisse autour du cou. Un peu trop naïve, j'pensais le regarder partir, mais en réalité c'est moi qui l'ai fait fuir. Il m'a glissé des mains, sans y laisser le souvenir de ses doigts entre les miens. Une odeur fragile, qui me perd un peu aussi. J'ai pleuré souvent pour un retour, un regard en arrière, supplié pour un pas de moins. Oui, j'ai trop imploré le pardon de l'avoir étouffé, sans rien.
Il s'en est allé, me laissant pour arrière-plan, sans se soucier de ça. C'est tellement simple, de ne pas assumer le faire de ne rien ressentir pour l'autre quitte à le faire souffrir sans rien dire, et seulement partir. Impassible.
De l'auto-suffisance, ou du foutage de gueule, tout ça à l'état pur, j'en sais rien. Mais quoi qu'il en soit, il n'a plus besoin de moi. Peut-être même qu'il n'en a jamais ressenti l'envie. Paniquée, je débloque. Pousser un cri de haine, et tout oublier, serait tell'ment libérateur. Mais impossible.

J'pars à la dérive. J'suis faible.
& toi, tu te délèctes de mon addiction.

Désir d'inconnu, plaisir de nouveau, de "différent". Attirance délicieuse du danger.
Sur ton front aurait pu trôner un écriteau indiquant "Attention, tu vas en chier, ne fais pas cette erreur, tu vas t'en mordre les doigts comme jamais", oui, même si j'avais été prévenue de la fin, je serai tout de même venue en courant, juste pour me noyer un peu dans tes yeux, mais y plonger, littéralement.
Et drogue dure, je suis là aujourd'hui, comme tous les autres jours, partager entre la haine et l'amour, à crier intérieurement, un gout amer d'agonie sur le coin des lèvres. Voilà, c'est la saveur de toi que je déteste, celle du manque, de l'envie constante, du besoin incessant. Sensation désagréable d'abandon, quand tu n'veux plus de moi. Mon évasion, c'est toi, plutôt, c'était toi. Qu'es-tu devenu ? Celui qui grogne à au dedans de toi, ton organe vital, me fait peur, lorsqu'il déverse son malheur, entraînant mes inquiétudes.

Tu me manques, il n'y a aucun mot pour exprimer à quel point j'en suis malade de ton indifférence. Et aucune équation non plus, pour le prouver. Pourtant c'est vrai, j'ai mal. Reviens-moi. Je suis faible et vulnérable, je ne cesserai jamais de le répéter assez. A toi, qui m'avait redonné confiance et espoir. Si je n'écris pas, alors il ne me reste plus rien, puisque tu es parti sans vouloir m'écouter.
Comment en sommes-nous venus là ? Tu n'as pas de temps pour moi. Plus rien à m'accorder. J'suis passée à la trappe mais nos vies continuent. Depuis longtemps à tes yeux, mon image s'est figée il me semble. Tu n'as rien manifesté, pas un regard posé sur moi, ni aucune envie de me savoir à tes côtés, près de toi. J'ai fais beaucoup d'erreurs, et présenté tell'ment d'excuses, mais apparemment, ça ne suffit pas. Et j'comprends que tu n'm'aimes pas, j'ai seul'ment oublié depuis quand et pourquoi.

Je suis pitoyable.

Ne jamais s'arrêter à un simple regard.

Un rire raisonne encore, vide, faux, dépourvu de joie, et rempli d'ironie, comme une bande-son d'une série à la con. L'épisode passe et repasse en boucle, jusqu'à ce que le cœur s'en lasse et lâche. J'aime tout de toi, ton sourire en coin, tes regards malicieux, mais depuis qu'ils sont forcés, je les déteste, et je redoute chaque fois le moment où ils vont apparaître. Et chaque jour quand je pense à toi, ma conscience m'envoie des remords, parfois fades ou amers, d'autres fois réellement imbuvables. Et quand je me tourne sur moi-même, j'ai l'impression de regarder une tasse vide, dont le marc de café ne semble pas se décoller, durci avec le temps, noir & épais. Je n'parle pas de mes regrets, non, là, j'en aurais certainement trop à dire, ou rien, du fait qu'ils soient cachés derrière un brouillard largement étendu de fierté, à tel point que je ne puisse le disperser moi-même. Il est dit partout que la solitude blesse. Pourtant, il est vrai aussi qu'elle permet de se retrouver soi-même lorsqu'on s'égare. Et c'est au moment, je pense, auquel on se réveille face à l'autre qu'on prend peur, peur de ne pas être protégé. Le sentiment de vulnérabilité n'est qu'un mauvais rêve, dans lequel tout peut nous arriver, dans lequel le pire se présente. 

C'est p't'être moi qui comprend rien, ou toi qui a oublié d'm'expliquer. J'en sais rien, comme d'hab, ignorance de ma part. J'ai passé trop de temps à la fois à espérer que tu sois encore là, mais aussi à me persuader que tu n'l'étais plus. À quoi bon ? Ton esprit s'est séparé du mien, je crois. Je n'le sens plus auprès de moi. Alors que ton cœur, lui, n'a pas lâché le mien. Emprise immatérielle. Et maintenant condamné, l'organe d'un corps pourtant éviscéré continue de battre, loin, et lent. C'est comme l'innocence enfantine de celui qui se collera une ventouse sur le front, sans se soucier de la trace que cette dernière sera susceptible de laisser. En mon cas, c'est une marque indélébile, un trou béant, que tu as laissé au fond de ma cage thoracique, arrachant sans gêne l'artère auxiliaire. Et je me souviens de ce jour, où tu as posé ton pouce sur la carotide, laissant tes quatre autres doigts épouser la forme de mon cou, et que tu m'as dit que jamais tu ne me quitterais. Si j'avais le souffle coupé, ce n'est en rien la cause de la pression de cette stupide veineuse, mais parc'que j'ai eu la bêtise de te faire confiance. Où es-tu à présent ? Rien ne me prouve que tu disais vrai, et tout m'apporte le contraire.
Des sursauts nocturnes, quand je rêve encore de toi. Voilà ce qu'il me reste. Mais pas des rêves, des souvenirs. Une guerre intérieure de souvenirs, comme des volets battants, sans savoir lequel fermer en premier, sans devoir recommencer. Ton odeur a disparu, quoi qu'il en soit, elle ne me permettait pas plus de te toucher, alors j'm'en fous. Là-haut j'sais pas si t'es fier de moi, mais j'espère que tu n'as pas trop honte, car n'ayant plus d'estime personnelle, la tienne m'est primordiale. Et m'en veux-tu d'aimer encore ? Moi je m'en veux. Tu sais, je m'en veux de n'pas avoir trouvé le bonheur pour toi. C'est un peu un coup « dans le vent », inutile, puisque douloureux. Alors j'suis désolée. J'arrête, promis j'arrête, je n'aimerai plus ailleurs, et par-dessus tout, je cesse de me plaindre, d'étaler mes déboires amoureux, mes catastrophes sentimentales. Surtout à toi, non, surtout pas à toi. J'sais pas quoi faire, j'sais même plus qui je suis. À l'échelle du monde ? Je ne suis rien. Mais à tes yeux ? Et aux siens, dis-moi, est-c'qu'il m'aime encore ? Est-c'que parfois il pense à moi ? Non hein.. . Tu sais, c'est une chose que je t'envie, l'omniscience, tu peux t'immiscer partout où tu le souhaites, tout savoir, omniprésent. Être à ta place, et te regarder vivre. Echanger tes secondes avec les miennes. J'suis pas militante du bonheur, d'la joie et d'la bonne humeur, mais je t'offre ma vie, c'est p't'être pas un cadeau, et c'est pas la meilleure, mais fais-en ce que bon te semble. Prends ma place, allez. Viens. On s'croisera peut-être en chemin.
C'est parc'que je n'ai jamais trouvé de trèfle à quatre feuilles, ou parc'que j'ai brisé trop de miroirs, hein ? Dis-moi, qu'est-c'que j'ai fait ? Toute cette merde autour de moi, c'est une punition, ou c'est moi qui l'ai semée ? Aide-moi, je t'en supplie, aide moi.. . C'est la fatigue, qui m'empêche de réfléchir comme ça ? Ou est-ce le fait que je sois magnétisée à toi, sans plus aucun cerveau, aucune pensée ni réflexion. Juste ça, automate, pourtant je me souviens avoir eu un cœur, une raison. Ne m'as-tu rien volé, en partant loin de moi, dis, c'est p't'être moi qui comprend rien, ou toi qui a oublié d'm'expliquer. J'en sais rien, j'tourne en rond.

Ivresse.

La solitude n'est pas un choix, mais une fatalité.
Bercée par un fauteuil de sarcasmes, la honte est seule tortionnaire à ne pas se cacher.
Elle aurait pû rester des heures, je crois, dans cette pièce. Sa propre prison, son corps, a emporté sa raison. À trop rêver de pouvoir ouvrir enfin cette porte condamnée, qu'elle regarde depuis des années, à briser le miroir qui ne reflète plus rien de sa personne. À essayer toutes ses jolies robes de bal qui s'offraient à elle, dans une penderie un peu délabrée. Elle aurait dû regarder par la fenêtre bancale, pousser les volets grinçants, et laisser entrer la lumière du jour.

Aucun meuble, hormis une coiffeuse du style moyenâgeux, qu'elle n'a jamais pris la peine de fouiller. Son seul tiroir aurait pu contenir n'importe quoi, une clef, des tissus, quelque chose d'insignifiant à nos yeux, mais qui lui aurait permis de s'échapper un temps soit peu, néanmoins elle se complaisait à rester enfermée là, les yeux rivés sur une poignée de porte ancienne qu'elle ne tournera jamais.

C'est triste, comme la peur l'a immunisée de toute envie de quelque escapade que se soit. C'est encore une enfant, qui, contrairement à une majorité, libres, ne joue pas en bas de ses barreaux. Souvent elle a rêvé qu'elle fût une princesse emprisonnée dans une tour, par une méchante belle-mère, et bien gardée par une créature fantastique et diabolique. Mais rien ne gît dans les escaliers, ni dragon, ni araignées, il n'y a aucune tour dans ce plein pied, une maison vide, une maison close, mais au sens propre, sans putains et bordel. Un silence à lié. Pourtant, on y ressent aucune oppression, aucun signe de détresse, elle vagabonde, dans son 7m², comme si devant elle s'étendait un hectare.

La rêveuse, emportée par sa suffisance d'illusions, a refusé elle-même de connaître l'existence du monde extérieure. Elle a rejeté de son plein gré la réalité.

Parfois jalouse, je passe encore devant cette bâtisse, en me disant que moi aussi, j'aurais préféré être à sa place, seule mais à l'abris du dehors. À l'abris des autres, et des contraintes imposées.

Beautiful dirty rich.

Le manque d'inspiration est la pire des frustration.
L'incapacité à taire le bruit est la seconde.


On n'perçevait plus le silence, rien ne laissait croire qu'un jour il ait eu une place ici. En quelques secondes, la capitale s'est éveillée, les saoulards attendaient déjà l'ouverture de leur lieu de beuverie, se plaisant à crier sur les petits bourgeois. La grand ville qui, il y a quelques heures à peine, semblait vide et pauvre, vaste mais fuie, était devenue un bordel.

Un bruit insupportable régnait, dirigé par le grouillement, et l'impatience des passants. Certains râlaient tandis que d'autres encore, rêvaient. Non sourd du cliquetis des talons de ces dames, j'aimais à en suivre le rythme, jusqu'à ce qu'il se brise, pour en laisser entendre un nouveau, plus lent, ou plus saccadé. Madame porte des Gucci dorées, & Monsieur des Zizi, bientôt démodées.

Au plus bas, le métro & ses musiciens improvisés, les pick-pockets masqués d'un foulard, un fumigène sous la veste, au cas où la plaisanterie tourne mal. Les accordéons maladroits, la mauvaise humeur des travailleurs pressés, & la flânerie innocente des touristes m'enivraient d'une odeur forte, bousculée et brassée par la foule, nauséabonde. Dans le wagon, aucun bruit, sauf celui des grincements de rails, et de temps en temps, les passages irréguliers des mendiants. L'un dormait contre une fenêtre, un autre, le regard absent, ne semblait pas attendre le déverrouillage des portes, mais plutôt que sa vie prenne enfin un sens. Il jalousait sûrement en secret les autres passagers, qui traversent le quai avec un but précis, alors que lui n'en a pas vraiment.

Et le soleil s'est levé, soufflant sur les lumières artificielles, exposant un Paris sale et romantique à la fois.

L'indifférence est le fardeau de l'absence.

Capitaine un peu bourré, d'un navire abandonné, jette les bouteilles à la mer, oubliant, vaguement, d'y glisser le mot. Cet idiot. Ce soir c'est la dérive, l'oublie n'vient pas. Il n'arrive jamais. Le manque, lui, est là, bien ancré dans la tête, comme tatoué dans le dos, sur l'infime partie que l'on ne peut toucher, même en essayant d'y joindre les deux mains, à cet endroit précis. Alors il boit pour oublier. Le coeur implose, les souvenirs, eux, ne semblent pas se décoller. Ils tachent la palette de couleurs d'un gris amère.Le pauvre, perdu, ne sait que penser face aux rires entremêlés, offerts par ses semblables, qui prétendent être supérieurs. Oui, le saoûl crie de haine, de peur et de douleur, sans aller contre son coeur. Face à eux, il s'en est arraché les tripes, s'est ravalé le foie, ouvert l'apendice. Aucune réaction, chacun s'en est allé, laissant l'homme au destin de la mer, de toutes façons c'est chacun sa merde. Là, seul, il est resté encore. Parfois maudire son corps, de tant d'ivresse humaine, de la bêtise pleine, la bête. Il lui suffisait simplement de lever la tête.

J'm'en fiche.

J'te vois encore partir, sans te retourner jamais. Pas un regard, pas même une ébauche de sourire, pas d'au revoir. Juste ça, ton dos, long, et agréable à s'y lover, les cheveux en bataille recouvrant ta nuque, sur laquelle j'ai déposé mes promesses d'amour. Et puis ta planche et ton sac. Comme un touriste, tu n'faisais que passer dans ma vie. S'tu savais comme ça fait mal, enfin, tu n'as même pas la moindre idée de ce que tu représentes, plus qu'à mes yeux, à mon coeur, ni de l'ampleur de mes sentiments à ton égard. Non, tu es inconscient de tout ça. Tu en joues pourtant, alors je n'comprends pas. Bientôt, je me retrouverai face à toi, encore maquillée de la veille, certainement figée, à ne plus savoir quoi dire, quoi faire. Paralysée, comme un pantin désarticulé. Mais j'en ai plus rien à faire.

Y'a un défaut de moi, qui fait que je n't'aime pas.





*Quand le coeur s'en va, la raison ne le rattrape pas.






Miss u.

Le manque. Nom masculin. Ce qui fait défaut, action de manquer, rater. Synonymes : absence, besoin, carence, chômage, crise, dèche, défaut, déficience, déficit, dénuement, disette, fadeur, incongruité, pénurie, privation, rareté, trou, vide. 

La terre encore humide, recouvre mes pieds, visiblement aussi fatigués que l'esprit. Les jambes raides, je me tiens debout depuis des heures. Attente futile, presque inutile. Ridicule. Garde de nuit, on pourrait croire que je n'ai pas éteint ma cigarette, et pourtant. Garde du cœur depuis le départ des autres. Les neurones, eux, sont déjà endormis, pas de réveil pour la réflexion, la tête est à l'oubli. Le corps vit, l'âme gît. Faible et vide, elle se meurt un peu plus chaque seconde. Qu'en est-il des sourires ? Disparus derrière les soupirs. Guerre intérieure, bataille chimère des sens. Rien ne change, rien n'évolue. Seul le silence se fait ressentir plus grand. Palpitations, spasmes, non, rien de tout ça, seulement des convulsions, j'aimerais me mettre à courir, fuir la réalité, ainsi que ce qui est sujet à me rendre vulnérable. Désir d'évasion, lavage de cerveau. Oublier que demain pourrait être pire, quand l'organe implose de l'absence. Le mépris a remplacé tout sentiment à mon égard. Haïr le double de soi-même, l'autre en dedans. L'indésirable, celui qu'on redoute. Et puis s'en aller, nouveau.




Le silence est le plus grand des mépris.
_______________________Un semblant de sourire, une minute de vie .. .

 

Hm.

___ Diarhée Textuelle.
Le coeur n'bat plus, il tremble.. .




Le vide ne se comble pas vraiment, les sourires, eux, semblent se perdre, et les regards restent indécis. Ton prénom résonne dans ma tête, même si mes tempes essaient vainement de le faire fuir par leurs battements incessants et irréguliers. Mais rien n'y fait. Mon cœur gémit comme un estomac creux l'aurait fait. Jamais assez rassasié de ta présence, il se lasse encore de tes absences. Et moi je suis là, à ne plus savoir quoi faire, à ne plus savoir rien faire. Le corps vacille et les doigts s'emmêlent entre eux, dans une confusion des plus totales. La tête, privée de toute réflexion, comme les poumons d'oxygène, retarde encore la pensée. Crise, les pupilles s'amusent, font des tours dans les orbites, se plaisant à tirer chaque nerf. Les paupières, pourtant lourdes, ne cèdent pas plus, abruties par cette foire, que mon âme sous le poids des mots. Spectatrice des folies charnelles. Sans un mot, sans un souffle, aucun son émis, j'hurle à l'agonie. Parc'que ces moments vissent les boyaux contre les chairs, écrasant mes lèvres à n'en plus pouvoir supplier. Implosion des sens, fatigués de se taire, débris d'après l'apoptose d'une mécanique cellulaire. J'ai touché l'intérieur, tant que l'autre se masque. Le foie s'enivre enfin de son propre remède. Sensation intense, sentiment de vie, qu'apporte la douleur. Une main dans l'assiette et deux doigts dans la bouche pour cracher la rancœur. Réveil.




A u R e v o i r .

Cheek.

Les doigts se crispent, les membres se congèlent, et les jambes fléchissent, un peu plus chaque seconde, afin que la chute soit lente, douloureuse. Les yeux n'voient plus qu'à travers un voile de brume, lourd et désagréable. Il suffirait de les essuyer, qu'ils couleraient encore déjà. Rien n'a de sens, le corps non plus. Si les mains s'agitent, c'est que l'esprit cogite. Les âmes s'en vont, elles foutent le camps, lassées de ce spectacle sans suite. Tragédie comique, relève du pathétique. Le cerveau ne réagit plus. AVC, les tempes brûlent, battent, seules contre le coeur. L'organe ne sert à rien à présent, déchaîné. Chaque battement emporte avec lui un morceau de sa cage. Ce dernier s'en échappe chaque jour un peu plus, sans pourtant s'évader vraiment. Lui aussi, voudrait bien foutre le camps, plutôt que d'être prisonnier dans ce bordel. Les mains ne cherchent plus, perdues dans l'incertitude. Cauchemards des sens, le réveil sera retardé, le compte à rebours est lancé, impossible de l'en empêcher. Tic-tac-tic-tac, au rythme saccadé, pourtant régulier, des fois, comme le métronome. Il résonne encore et je ne peux le chasser. Il est le seul à m'éviter de penser à lui, et cette garce, Morphée la belle salope. Chaque coups de reins, nouvelle jouissance de la putain, et moi je te vois, je te vois encore, sans jamais pouvoir te toucher. Ce que j'en crèverai d'excitation, rien que de la voir chialer. Mais elle n'est rien, concrètement, alors elle ne possède rien, et je n'ai pas plus. Et je n'ai rien à perdre, et je n'aurais plus peur d'elle, si elle me jurait de te rendre à moi. Parler de toi au passé me fait tell'ment de mal, que j'ai tenté de vendre mon âme au Diable. Irrévocable désir de te revoir, au revoir.

On survit du bonheur des autres, quand on est même pas capable de vivre du notre.


J'ai commis l'erreur, un jour, d'avoir le coeur impudique. Au dedans du clapier, l'organe se délècte, la cage se fend. Tu as emporté mon sourire, tu m'as laissé les souvenirs. Au delà de l'ignorance, tu m'as plongée dans l'indifférence. Je ne connais que trop bien cette douleur à présent. Sacre de l'âme, affres des sangs. La tête s'en mèle, quand le coeur s'enmèle. Petites lumières ne répondent plus et le corps tombe, à demi-nu. La conscience s'évade, l'innocence encor gambade. Les yeux, lourds, se ferment, marqués par les cernes. S'enfermer dans le noir, pour ne plus rien savoir. Au dehors, c'est un crime que d'aimer sans rime. La rage n'est que le repos de l'être, le refuge de l'amour. Il est facile de se cacher derrière, pour dissimuler les souffrances. Le temps, lui, n'est que l'art d'éviter les problèmes. Satisfaction, se rassurer d'être encore là, pleurs à foison pour l'au-delà. Jouissance éternelle d'un espoir infondé, de délirs acerbes et volés. Interminable est l'attente, quand l'irrévocable s'y tente. Menace d'une crainte, orgueil d'une ultime étreinte.


J'ai guetté le moment. J'ai gueulé ce qui me restait de tripes. Un par un, j'ai ramassé les morceaux. J'aurais avalé chaque bout de verre, afin qu'ils m'arrachent la gorge, qu'ils se détruisent l'intérieur. Je ne suis pas un jouet. Je les aurais lancé pour me couper les pieds, à tel point que je ne pourrais plus parler. J'aurais voulu souffrir pour tout ce que je ne veux pas entendre. Qu'elle regrette, que jamais elle ne s'inquiète, si j'avais pu, j'aurais serré les doigts, si fort qu'on ne peut mordre. Si j'avais su, j'aurais couru à cet instant, oui, je me serais mise à courir si vite qu'on ne puisse plus rien rattraper. Que plus rien ne me revienne. Tout laisser derrière moi. Cette putain de vie, ces putains d'inutiles. Si futile. Bouffée d'avoir eu l'envie. Silencieuse envie d'être bouffée. Si j'avais pu plonger, et m'étouffer. Mais je n'ai jamais sauté dans le vide. Vicieuse glace de verre, sous Terre, vers me glacent. J'aurais pu dans ma course, m'arrêter. Mais je suis mal tombée & j'ai tout recracher. Egout de plaintes. Sang doute, sans doute aucun, je ne savais pas. Ces mains froides.. Suis-je aussi forte ainsi? J'ai jeté, crié, dégueulé, mais je n'ai pas pleuré. Trahison, Passion, Compassion, quelle Exaltation! Je n'ai pas touché... Ouvert, découvert, arraché, déchiré, délecté. Ris, Blâme, Crache, Cache, mais ne te retourne pas. Omettre , Persuader, Briser, j'ai renversé la croix. Miroir & sachet, poudre. Ne m'oublie pas .

EteindreLeMalDansLesCendresD'UnCorpsADemi-Mort,SoufflerSurLesPleurs,EncoreEtEncore.S'Etouffer.

Ronger les âmes, et souffrent les sangs. Craquement d'os sur la peau. Déchirure physique, atrophie mentale. L'esprit s'en va, arrachant, sur son passage, les morceaux de coeur bouffés. Gerber les tripes, pour enfin se libérer de ta présence. Impossible de te chasser, quand la peau se souvient encore de tes mains, que la tête se rappelle encore de ton souffle. Enfoncer les ongles dans un corps brûlant, et refroidir, peu à peu, l'autre, le second, la moitié. Mordre, jusqu'à en chialer. Oublier, oublier. S'exploser la cervelle, destruction corporelle, mais pas seulement. Saigner, encore, les pensées amères et les espoirs idiots. Stupides choses. Jeter tout ce qui porte ton odeur, détester tout ce qui porte ton nom. Laisser les chairs en putréfaction. Ne plus aimer ce qui t'appartient. Parc'que tu n'es plus mien.


Et j'en ai tell'ment chialé, j'en ai versé des larmes, à trop te voir l'aimer, que j'ai posé les armes.
Les bras ballants, le coeur défectueux, quand tu es l'amant, moi, on me crève les yeux.
J'en ai pleuré tu sais, Elle qu'est plus belle, Si jolie Morphée, T'es tombé pour elle.


Des morceaux de chair entre les dents, qu'elle crache bientôt comme des glairs de sang. Les jambes frêles, d'un corps à moitié faible. Les joies du temps qui n'effacent rien, un bain de glace pour un simple chagrin. Que lui reste-t-il ? Sauf le droit d'aimer, sans celui de l'être, le devoir de rester, écrasée comme l'insecte. Décadence, tu l'as laissée là, en pleine déchéance, tandis qu'elle te criait. Vide à présent, la cannibale se ronge elle-même. Sans une once de remords, Morphée, tu lui as offert tes espoirs, ceux de s'endormir un jour dans tes chaleurs. Epines de poison, fleurs du mal, tu ne lui as donné que tes ronces au final. L'âme déchirée, tu l'as regardée comme une bête en cage, tu l'as vue se détruire, se battre comme une bête sauvage. Tu l'as oubliée là. Manipulatrice des pensées, spectatrices des vérités. Ici, elle n'aura plus qu'à crever.

Burlesque.

Tout s'casse la gueule. Tombée de rideaux sur des masques inachevés. Le spectacle est terminé. Les rires résonnent encore, tandis que les bêtes pleurent dans les caves basses. Cruel destin. Vision scellée. La scène s'effondre, toujours un peu plus. Les représentations se font rares & le théâtre pitoyable. Comédie. Ici, on n'rit que de drames & de tragédies. Moi je suis là. Assise, à pleurer encore. Parc'que je n'sais faire que ça. Mes jambes, lourdes, me hurlent de cesser cette course folle. Immobiles pourtant. C'est le coeur, je crois, qui se lasse de mes efforts inexistants. Dis, et moi, c'est quand, que j'ai le droit de retirer ce déguisement ? Dis, tu m'avais promis que je n'jouerai la poupée que pour ce soir. Encore une fois, j'ai amusé. Encore une fois, j'ai merdé. Jamais je n'changerai, hein ? Dis, je suis ton pantin, ta marionnette ? Et quand tu seras lassé, toi aussi, de jouer avec moi ? Où me jetteras-tu ? Aurais-je encore droit à quelques privilèges ? Sombre idiote, comment ai-je pu croire que tu étais sérieux, que tu m'adoptais parc'que tu m'aimais. Dans cet épouvantable cirque. Pitoyable exploitation d'enfants esseulés. Oh, tu sais, en bas, il fait froid & humide. Et puis, l'odeur des égouts me répugne. Mais je suppose que tu t'en fiches. Au même titre qu'eux, tu n'es là que pour applaudir, mais savent-ils vraiment ce que nous endurons, chaque jour ? Rient-ils de nous, ou de toi ? Que font-ils en sortant, que disent-ils en arrivant. Qui-a-t'il au dehors ? Le bois qui a fait mes jambes, leur sert à brûler aux hivers. Qu'en est-il du verre qu'il y a dans mes yeux ? ...

L'abattoir, le clos, l'antre des fous.

De plus en plus, je réalise, j'ouvre les yeux sur une nouvelle douleur, pourtant lointaine, pourtant vilaine. Ailleurs, en haut, là haut*, si bien, pendant que moi, je me crève à tenter de faire comme si je n'y pensais pas, comme si jamais tu n'avais existé. Ne pas parler de toi, très peu, jamais. Comme si jamais je n't'avais aimé, comme si les sentiments étaient bien futiles & éphémères, alors qu'il n'en est rien, ils sont toujours là, puissants, à brûler mon petit coeur. Aujourd'hui c'est vers toi que je me tourne. Parc'que j'ai compris, que plus jamais tes yeux ne se poseront sur moi, que jamais plus, non, je n'm'endormirai après tes messages.. Au revoir, Amour*.. . Accident. A.. . Stop.



Monsieur Alix F, vous me manquez, terriblement.



Tout de toi me manque. Pourquoi maint'nant ? Alors que le manque était à ma portée depuis déjà bien longtemps ? Pourquoi .. . Et toutes tes conneries, et tes petits mensonges pour sauver ce qu'il restait entre nous .. . Ca peut paraître idiot, tu sais, mais des fois, j'aimais à m'engueuler avec toi, tu n'étais pas mon acquis, mais moi, je t'appartiens toujours. Même les pires moments, me manquent beaucoup. Oui, tout ça me manque, à moi, ce petit bout de chose, que tu as laissé derrière toi; sans penser qu'une seule seconde suffirait pour t'enlever à moi. Une seule, la dernière.




Sept putain de mois que tu es parti. Love.

... mais pas tant amoureuse.

M'prendre parfois pour ta guitare, m'pendre au son des cordes, vibrations régulières. Frotter mon bois sur ton corps, mouvement d'va & vient sous tes mains. Et m'perdre souvent dans tes accords parfaits, deux coeurs égarés. Perte de la vue, trouble mentaux, et j'abandonne, je m'abandonne à penser. Baisse les yeux, et ne vois que moi, j'voudrais tell'ment être celle que tu veux. Mais j'y arrive pas, j'me contente d'être là, entre tes doigts. Sur ton dos parfois, sur tes genoux souvent, et des fois jetée au vent. Frôler ta peau, au rythme des mots, chante-moi encore jusqu'à c'que j'me brise, que tes os se cassent, et qu'plus jamais tu n'm'enlaces. Déteste-moi quand t'en préfères une autre. Suis tes envies, fous-moi à la porte. Ne joues plus d'airs tristes. Chais pas, fous-toi à poil, prostitue-toi, fais quelque chose! Apprendre à trembler les graves, et taire les aiguës, c'est tout c'que j'ai su faire. Sans rien apporter jamais. Tendre le fil jusqu'à le faire péter. Un jour, tu cesseras de poser tes doigts dans les cases, tu cesseras d'écraser mes belles lignes, et de les courber, afin de me blesser. Un peu plus, tu t'en iras loin, & ne chanteras plus jamais. Mais tu sais, avant ça, brûle tout de moi, mes partitions, les portées, oublie de heurter mes hanches, de tes coudes. Et dis aux autres que si tu t'es mis au piano, c'est parc'que j'étais trop folle & capricieuse...

Morning train.

Des rires dans la maison, des pleurs sur l'plafond, j'accrochais mes douleurs au paillasson, et toi, connard, pour c'que tu m'as oubliée, même de m'am'ner à l'école , et même si j'étais pas coiffée. Et toi, sale chien, avec mes peurs, tu t'es barré, la queue entre les jambes. Tu sais, l'vent n'a rien emporté, même pas ton ombre, qui s'dessine encore parfaitement dans ma tête, ni tes promesses à la con. [ ... ] Et moi, j'vis avec cette peur, celle d'ouvrir la fenêtre et de t'appercevoir, à travers mon reflet vide, le visage couvert de balaffres, mais pas tant que le coeur en souffre, et que l'âme en chie un peu plus tous les jours. Les bons moments, j'les ai jetés, mais j'te rassure, la poubelle était pleine de "rien" au final, puisque quoi que tu aies pu me donner de bien, une accumulation de vide, reste de la souffrance, à mes yeux. Eh, batard, quand est-c'qu'on s'est aimé ? C'est loin, jamais, hein ?! [ ... ] Tu m'disais "marche!", et moi, j'courrais comme une idiote, après ton affection. [ ... ] & demain, t'inventeras quoi, comme excuse bidon ? Le réveil n'a pas sonné et t'as loupé l'dernier train ? Tu baffouilleras de la merde, & moi j'te croirai, c'est ça hein ? Ouais, ou alors, tu m'jetteras, en m'disant qu't'es désolé. Mais en fait, moi, j'saurais jamais. L'automate, joli, il n'a qu'à la fermer. Ouais, j'aurais dû ne rien dire, continuer d'encaisser, mais les plaies, de plus en plus profondes, devenaient lourdes, et tout comme toi, j'les ai lachées. Parc'qu'au fond, j'ai compris, que nous détester mutuellement nous faisais penser un peu plus l'un à l'autre. Alors oui, je suis rancunière, oui, je t'en veux. Mais j'n'ai plus la force de ressentir encore de la haine.
Parc'que tout c'que je souhaite, c'est n'être plus rien à tes yeux. 

Alors, je t'en prie, sors de ma vie.

Quandsonpetitcoeurfrôlel'hystérie,etsesmainsévitentlecarnage.Ildégueulesahaineetanimeledrame.

À tout à l'heure, à tout de suite. À dans des heures, après la fuite. Quelle importance, sous la distance ..? Je bouffe & je craque, j'étouffe & j'te décalque. Les maux de ventre m'assaillent, tremblent mes tempes & les entrailles.

TooBlindToSeeAnotherLie,ToWalkAway,AndYou'reGoingToDie.



Les tissus lacérés sont ton seul visage,
Ont caché les miroirs de l'enfance, les naufrages
D'un autre, l'évidence, sans regrets, il n'est pas trop tard.
Volé aux amphet', t'as plus d'échapatoire.

Ses griffes accérées qu'elle enfonce dans ton dos brulé,
Comme une arme, la vengeance, elle va te sacrifier.
Cacher l'essentiel, ne montrer que la douceur de l'être.
Aux déchêts, que tes restes, servent d'engrais pour les bêtes.

Les mégots prennent vie dans le cendrier de l'âme.
Oublie la vertu, au délice des armes.
S'écoulent les heures, à t'exploser, te laisser,
Pourrir, dans un simple rejet de l'après.

La réalité n'vaut pas l'plus grand des silences.

L'absence et le manque se font face. Ils se battent, s'entrechoquent dans mon âme, se replient dans ma tête, m'empêchant d'oublier, m'interdisant de pleurer. Je n'avais rien demandé, maint'nant je n'ai qu'à supplier. Trève de sentiments, j'implore, tandis que le coeur implose, le corps explose, laissant derrière lui tous les morceaux de mon être. Et si le sommeil s'en va, que me reste-t-il ? Lorsqu'il chasse les rêves avec lui, Quand les mots m'etouffent et se libèrent. Tout me fuit, même toi tu t'ennuies. Il est trop tôt pour partir, et déjà trop tard pour rester. Le temps me laisse douter, la distance m'oblige à accepter. Ouvrir les yeux sur un avenir impossible, sur des espoirs infondés, Désillusion totale, j'ai perdu la raison. Je désespère de ton odeur, mes mains se lassent de ne plus trouver les tiennes. Mes yeux souffrent de ne plus se noyer dans ton regard. Et que penseront les vieux, quand ils sauront que les jeunes aussi sont amoureux. Ils diront que c'est dangereux. Ils crieront qu'il ne faut pas tomber... Et ils préfèreront se taire, plutôt qu'en rire.. .

T.H.E . E.N.D .

10 mai 1990 - 16 juin 2009. * Réveille-toi, dis-nous que c'est une blague, ouvre les yeux.

R . I . P






Il suffit d'une seconde pour ouvrir les yeux,
mais tellement de temps pour les fermer sur ce que l'on nous vole.
La vie offre tout ce que la mort nous reprend.
Ton corps est-il aussi froid que les parois de nos coeurs.
Que nos mains glacées, brûlantes d'envie de te toucher encore.
Que le sang de celles-ci refuse de couler encore la vie.
Tes yeux sont-ils aussi fermés que les portes de nos sourires.
Les souvenirs sont devenus mes seuls ennemis.
Yann L ., 16.06.09 , à jamais .

IMMORTAL.
Je ne crois en aucun Dieu, en aucun mythe,
Je crois seulement en Toi*, toi seul & nul autre
.





"Un jeune homme a trouvé la mort sur la route, mardi en début de soirée à Brive. Une enquête de police est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l'accident.

La scène tragique s'est déroulée vers 19 heures 35, avenue Georges-Pompidou. Le jeune homme, âgé de 19 ans, au guidon d'une moto 50 cm3, aurait tenté de doubler une voiture qui, elle, virait vers la gauche.

Le choc lui a fait dévier sa trajectoire. En fin de course, il a heurté un poteau électrique, puis l'angle d'un mur. Il est décédé avant d'avoir pu être transporté vers l'hôpital.

Sur la moto se trouvait aussi un adolescent de 16 ans. Il ne souffre que de légères blessures physiques, mais a été psychologiquement très atteint par l'accident. Tout comme la conductrice de la voiture, âgée de 64 ans, qui n'a pas été blessée. " ~ LA MONTAGNE (Brive-la-Gaillarde 19 - mercredi 17 juin 2009 - 18:40)





J'essaie pourtant d'être la même. Je vais si bien d'avoir mal. Ma tête se vide, mon esprit s'enlise. Comme un trou dans une clope, je n'sens plus le goût d'la vie. J'n'ai plus envie. Il existe bien des choses impossibles. Faire face à la solitude, aux remords & aux regrets. J'ai appris des vérités si douces pourtant tellement blessantes, parc'que vaines à présent. Aucun retour après ton départ. Mes yeux cherchent encore les lumières des tiens. Je me souviens des promesses que tu m'as données, je n'oublierai les secrets que tu as su garder, comme ceux que je ne divulguerai jamais. Tu as laissé tell'ment de "rien". Comprends-tu nos pleurs étouffés, nos sourires envolés? Nous pardonneras-tu le mal que l'on se fait? Yann, sans toi, il n'y a plus rien, les masques se transforment un à un. Masque de sang dont on ne pourra se débarrasser. Jamais. Ce n'est pas faute d'avoir chercher l'oubli, si encore avions nous pu le trouver... Ressens-tu nos soupirs enlacés? Combien de temps devront nous encore garder cet espoir destructeur? Chaque fait, parole, acte, chaque pas me ramène à ta pensée. Ta* chanson, la dernière, résonne dans mon âme entière, comme un disque rayé, qui ne s'arrête jamais. J'ai essayé de chasser les démons de mes nuits, sans pouvoir leur faire entendre raison. Yann, tu me hantes, tu nous hantes. N'as-tu pas vu qu'à l'entrée de nos portes, chaque soir, nous déposons nos semblants, pour nous abandonner aux sentiments. Savoir que pleurer notre saoûl ne te ramèneras pas à nous. Yann L., on s'habitue au mal-être, on n'se remet jamais de la perte. Plus loin c'est le vide, et après, il n'y a rien. Mais où que tu sois, n'oublies pas qui tu es. I miss You so much.. .


No fear (Destination darkness) - The Rasmus.


Tandis que certains dorment, d'autres se lèvent. Pendant que quelques-uns fêtent leur anniversaire, & que plusieurs s'étonnent, s'engueulent, rient aux éclats, se gamellent en courant, ou s'adonnent à diverses occupations, moi je suis là, à chialler comme une conne, parc'que tu me manques. Et j'ai l'impression que tout, autour de ma petite personne, et au delà de ma vision, oui, absolument tout, a cessé de fonctionner. Ou peut-être que c'est moi, et seul'ment moi, qui refuse de voir que le monde continue de tourner, comme s'il ne s'était rien passé. Comme si jamais aucun accident n'avait eu lieu. Dans ma tête d'ailleurs, c'est le cas. Incapable de réaliser encore totalement, c'est une baffe dans la gueule, à laquelle j'ai droit, lorsque la réalité me rattrape. Un tel manque ne peut exister. Yann, deux mois aujourd'hui, deux mois que tu n'es plus. Deux mois qui ne sont rien comparés à l'importance de la perte. Rien ne te ramènera à nous, rien du tout. Regarde-nous, le mal que l'on se fait, les monstres que nous sommes devenus. Que vois-tu, dis, que vois-tu, au delà des morceaux d'âmes déchiquetées ? & même si j'ai toujours été gauche, et maladroite pour exprimer ce que je ressens, je sais que je t'aime, et que tout s'écroule sans toi et devant moi. Yann Leyssenne, à jamais, repose en paix Dimanche 16 août 2009.





Quatre heures & demie du mat', à peine couchée, réveil immédiat. Douche froide de souvenirs morts et de pensées bien amères. On est l'seize, le Dimanche seize Août deux-mille-neuf... Manque. Pire qu'l'overdose, il m'a atteinte. Rendez-moi ma dose, mes cachets, les somnifères cachés sous le parquet. Celui sur lequel tu as marché, celui sur lequel tu t'es effondré. Béton armé. Défense d'approcher. Aucun destinataire. Joyeux bordel, les maisons closes, l' tapage nocturne, tout c'dont on se foutait n'a jamais eu d'importance. N'émanera de ta pensée que la souffrance de ton absence. Quatre heures & demie du mat', & tout r'commence.




Dis, qui m'engueulera parc'que je suis nulle à Tekken, qui fera semblant de perdre pour me faire plaisir, ou pour m'énerver, dis.. ? Et qui fera tes conneries ? Bordel ! Qui se foutra de ma gueule parc'que je suis la seule fille qui a un papillon coincé entre deux mèches de cheveux en sortant de cours ? Dis, quelqu'un prendra-t-il ta place de protecteur ? Non, je connais la réponse, non... Et qui répondra à toutes mes questions idiotes ?! Je ne renverrai plus chier personne parc'qu'il est trop grand, ou parc'qu'il est mal coiffé. Où sont passés tes quatre mètres de gentillesse, celui qui s'endormait n'importe où, n'importe quand ? Repos éternel. A quoi bon chercher encore ce qui n'existe que dans le coeur. Ca m'manque, tout ça, toutes ces petites attentions, que tu me portais comme aux autres. Le seul qui trouvait drôle de faire des pompes à roues dans les nouvelles galeries, ou de jeter son sac chez des vieux pour une certaine raison. Qui défiait et se foutait de tout. L'mec qui osait cracher sur "mémé-cannes". Celui qui n'avait peur de rien, mais qui effrayait beaucoup d'autres. Entendrais-je encore tes excuses bidons pour ne pas venir, alors que la seule cause était ta PS ?! Et plus jamais je ne reviendrai derrière ce Théàtre, tu sais, en le détruisant, ils ont anéantis tout un été. C'est idiot, et je suis une abrutie de penser que tu reviendras, sans ta moto, en gueulant parc'qu'elle n'a pas voulu démarrer. Revivre ce jour à un détail près, tout calculer. Tu n'voulais pas ça, hein ? Jamais tu n'aurais souhaité tous nous abandonner, hein ?! Que doit-on penser à présent ? Et qu'en sera-t-il de nous, qu'adviendra-t-il de nos pensées, est-c'qu'un jour, on arrivera ne serait-ce qu'à prononcer plus aisément, les mots qui, pour le moment, nous sont impossible d'accès ? Yann, combien de fois revient ton prénom dans nos écrits, combien de fois l'entends-tu, plus que de par nos paroles, de nos appels au secours ?! Reviens-nous, je t'en prie, tu étais le seul à qui il ne pouvait rien arriver, et surtout pas le pire. Le garçon plus grand que moi, que j'appelais "Mon deuxième petit papa". Adieu ?




Chut
, ce soir, quelqu'un est parti. & recommencer. Stop! Ne jamais s'arrêter, et j'ai peur des lendemains silencieux, alors que les battements de ton coeur, donnait, outre le rythme, un sens à la vie.





Trois mois aujourd'hui, trois mois que tu n'es plus là. Moi, je n'comprends pas. Les jours passent, pire ou mieux, on s'en fout. Les heures défilent, sous l'compteur, alors qu'pour toi, l'horloge est cassée, même les siècles, n'veulent plus rien dire. Quant à notre présence, elle devient insignifiante sous l'poids d'la fatalité. Sous les sarcasmes du manque, & les pleurs du bonheur. On a posé les armes, on est dev'nu vulnérables. Tu étais nos forces, nous sommes ta défense. Abandon précipité. Manipulation de Morphée, perfide existence. Moi je n'comprends rien. De toutes ces rêveries crevées. J'joue encore, mais j'vais finir par me faire grillée par l'ennemi. Quoi qu'il m'a déjà eue, déjà anéantie. En cassant l'rôle le plus important de l'échiquier. Moi j'suis juste un pion, noir, qu'on oublie de sortir quand on ouvre la partie. Toi, tu étais toujours le premier sur le blanc. Moi, j'n'ai jamais rien compris, puissante et forte, la tour s'est éffondrée, sous les yeux du roi, & les beautés de la reine, devant ses pions, & les rires du fou. Yann, on sait, on n'se relève jamais. Tu m'manques, tell'ment. Je t'aime. <3 YANN.




Se lever, tous les jours, parc'qu'on le doit, et se battre, à chaque instant. Se remémorer, même inconsciemment, le moment auquel on a su que tout allait basculer. Là, à l'arrière de cette voiture. Ces mots. D'une voix faible, d'une oreille sourde, mais si puissants. Les pires, je crois. Ceux qu'on redoute toute notre "vie", ceux qu'on tente inlassablement de fuir, afin de ne jamais être confronté à leur signification. L'attente interminable dans la chambre vide, pourtant remplie d'odeurs. Nauséabondes. Et compter les petits points noirs qui jonchent le sol, en pensant que c'est le nombre d'années qu'il reste encore. Mais il n'en est rien. On s'écroule, on se laisse enfermer, dans cette odeur, de plus en plus forte, de regrets. On se laisse sombrer, glissant entre les doigts des matins d'espoir. On oubli la raison. On laisse, petit à petit, s'installer son contraire. Une fois, deux fois. C'est terminé. Plus jamais. Et se rendormir, doucement. Sans jamais plus rêver.


Le miroir s'est brisé. 1 an, 2 ans, 3 ans.. . Ah non, c'est trop tard, le malheur est passé. Pourtant j'ai mal encore, là, en dedans, le petit organe me brûle, il se tourne & se retourne dans sa cage, il me supplie. Petits morceaux de verre. Reflet atrophié. Comment ai-je pu être aussi idiote pour ne pas l'arrêter en même temps que le tien ?. Ce petit coeur, insignifiant, et inutile. Si j'avais su ce qui m'attendait, n'aurais-je pas fait demi-tour ?. Tu me manques, tellement, ton Empire manque à mon petit monde, rempli, maintenant, de nostalgie, et de petits sujets de bois. Des regrets articulés, des pensées encore mortes de peur, des couleurs figées. Noir, blanc, gris, noir, blanc, gris.. . La mort décide de séparer ses pions, lorsqu'eux, décident de se séparer d'elle. C'est la triste réalité. Aussi vraie que ces morceaux de glace dans la peau. Aussi puissante qu'un coup dans la nuque, et aussi stupide que ce qu'il reste de moi, quand toi tu n'es plus là. Retirez-moi les nuits, mes frissons, si d'autres les désirent, mais ne me prenez pas mes rêves. Sept ans de malheur en une fraction de seconde.


" Ecorces de rêves, bribes de plaintes, lamentations, je tombe encore dans l'abîme des petits faibles. L'enfant a pleuré. Triste réalité, un genou écorché. Et moi j'ai hurlé, le coeur à côté. T'es parti, moi aussi. J'ai vu tant de choses belles, et de sadiques malheurs, que la faiblesse, je la sais. Et la raison, reste oubliée. Le contraire reprend sa place et je le tais. Parc'qu'erreur, j'ai raté. Défection des sens, laideur du corps. Coma, troubles, vertiges, fuite. J'ai fermé les yeux, je les ai rangés, les cachets, cachés. Douce injustice, c'est toi, pas un autre. Vieille amertume, mauvais goût d'abandon sur les lèvres." Tomorrow'll be a bad day.


Quatre mois, depuis ce tragique accident, le seize Juin deux-mille-neuf, à dix-neuf heures trente cinq.
Au revoir. Adieu.. .

On s'invente un autre monde, un petit bout de "vie" un peu différent. Utopie, le manque est inexistant là bas. Puisqu'aucune perte. On imagine son "Ailleurs", encore meilleur. Bulle d'illusions, on s'enferme, on se tait, parc'qu'on a plus personne à qui le dire. Les autres. Mais quoi qu'on fasse, ici bas, tout nous manque un jour. Tout nous échappe toujours. Pénurie, chaque jour. Il n'y a plus rien ici, qu'une façade gelée de souvenirs, carapace de fer, couvrant derrière elle, un tas d'esprits errant dans les ruines de ton passage. Chacun s'enferme avec les "jouets" qu'il veut, si bien que ces personnes le veuillent aussi. Le jeu est terminé, et j'ai perdu. Alors toi, tu as quitté mon rêve, et en claquant la porte, tu as provoqué un Enfer. Les tableaux sont tombés, les miroirs aussi, renversés. Quant au petit coeur de verre, qu'en est-il déjà ? Ton Empire face à mon monde si fragile. Oui, moi j'ai choisi de ne m'enfermer qu'avec mes regrets, tes fantômes. Bouffés d'un passé sans lendemain.


Avancer sans savoir où l'on va, oublier en un instant ce qui se trouvait derrière la porte précédente. Couloir d'ombres, s'y perdre, avec tant de maladresse que de peur. Frayeur. Le visage éclaté, les morceaux de verre brûlent les joues déjà creuses et explosées. Misérable vision. Minceur de l'esprit, maigreur de l'âme. Gerber pour disparaître. Mais à quoi bon, si même ailleurs, tu n'es pas là ? Chaque bruit de pas, sursaut, mais non, ce ne sont pas les tiens, jamais. S'écraser ce qu'il reste des os sur le parquet. Les murs se ressèrent, les portes se ferment derrière toi. Clos; c'est un peu la faim. Fin, il ne reste rien. Alors bouffer les meubles, de marbre. Se sentir plein, puis déborder enfin. Hurler de douleur, parc'qu'il fait mal, il fait plus mal qu'il ne fait noir, ici. Et froid aussi. Le sang s'accélère, pas le tien. Le coeur se fige et les souffles sont neutres. Râles animaux. Silence. S'arrêter là parc'qu'il ne semble plus rien y avoir que le vide. Et l'envie peut-être, de torturer la torture. Saut.

2010. Une nouvelle année. Sans toi. Bonne année, levez vos verres à l'injustice, embrassez l'hypocrisie. Quand le mal frappe une fois, il n'en démord pas. Le manque se fait plus grand, pourtant reste silencieux. Sache qu'ici, rien n'est comme avant. Love, again & again. ♥

Sept putain de mois d'une absence omniprésente aujourd'hui. Lourde, et douloureuse, elle ne daigne jamais s'en aller. Et ce répondeur qui me tue un peu plus. Entendre ta voix, ne serait-ce que ces quelques mots, m'emplit d'une douce nostalgie. Le mal s'installe dans les coeurs qui, malgré eux, malgré nous, battent encore. Le manque se fait plus grand de jour en jour, pourtant, c'est une fatalité, il faudra s'y habituer. Mauvais choix. Chaque pas est plus lent que le précédent, et la respiration se fait plus courte, jusqu'à ce que coulent les larmes les plus brûlantes. Et les réveils sont difficiles, à penser que tu n'es plus là. Si tu savais, comme ça fait mal de te perdre.. . Tell'ment peu préparée à une nouvelle perte, c'est ma plus grande déception, ne pas avoir su profiter, ne pas avoir su te garder auprès de nous. Chacun espérait à une blague, chacun aspirait à un nouveau départ, avec toi. Mais tout le monde s'est trompé, tu n'reviendras plus jamais. .. Ecrire dans le vide, me donne l'espoir qu'un jour, tous mes mots te parviendront, et que tu renverras quelque chose. Un signe, un départ.. . N'importe quoi.. .

Le réveil affiche 04.18. Je n'dors toujours pas. "Mardi seize février deux-mille dix", c'est ce qu'indique le calendrier. Tu n'vis toujours pas. Bordel mais que faut-il faire, pour retenir tous ces remords, tous ces regrets, qui ont perdu les souvenirs. Qui m'névrose chaque jour un peu plus. Qu'est-c'que j'peux faire ?... .. . à part continuer à t'aimer. ♥ Huit mois déjà que tu es parti.. .


Comme un manège enchanté, les souvenirs brillent & se succèdent, se déforment comme les contours dans le kaleïdoscope. Elle émet de petits battements faibles, comme ceux du coeur que l'enfant écoute en s'amusant avec le stéthoscope des grandes personnes. Mais le plus beau, le plus beau dans tout ça, ce sont les couleurs, qui défilent à travers les fentes du praxinoscope. Des pensées de toi, des pensées pour toi. Toutes ces choses, ces petits dessins de la mémoire qui peuvent paraître tellement insignifiants, mais qui comptent beaucoup à mes yeux. L'horloge tourne, mais pour toi, l'aiguille des secondes s'est arrêtée. Elle est tombée, et se promène dans le cadran. Mais avec elle, elle n'a pas tout emportée, non. La perte a fait beaucoup de ravages, mais beaucoup de morales aussi. Chacun en retire celle qu'il veut. Moi j'ai décidé de vivre, & de te faire survivre à travers mes yeux. Porter le plus lourd, pour te montrer le devant, sans rien te cacher, ni la misère, ni le malheur, pour que tu puisses les comparer au reste de bonheur & de forces qu'il reste. Et s'il y a encore de la haine, de la rage et de la colère ici, alors c'est qu'ils n'ont rien compris.

Deadly Oxygen .

* Le coeur est lourd, même loin, même dans une boîte, même si la clef est ailleurs, insupportable, il bat comme un chien, irrégulier, instable, comme toujours, on attend le jour. Le jour où il cessera de battre pour des conneries. Quand il aura fini de faire du bruit, qu'il arrêtera de réveiller la baraque pour des âneries. Et toi, tu m'diras plus qu'il fait orage dans l'creux d'l'oreille, tu ferm'ras ta gueule, et j'serai vieille. Plus tard, j'te dirai qu'on avait pas besoin de ça, qu'les sentiments c'est d'la merde, qu'on s'est détruit, qu'on s'est menti. T'as pas b'soin d'une fille au coeur artificiel. J'ai pas b'soin d'toi, j'ai pas b'soin d'croiser ton regard, et penser qu'j'ai fait une conn'rie en t'laissant tout c'qu'il me restait là d'dans. Et sur un air d'Babylon Circus, j'te quitte, j'm'en vais, brise la boite, écrase tout c'qu'elle contient. C'était rien, juste un organe, oublie-le. T'as pas su m'tenir en vie, alors jette la clef. Tiens, j'te laisse tes bouteilles, tu m'rendras mes cigarettes, la coke et tout l'bazarre, tu sais, dans l'étagère, celle où j'faisais mes rails et mes barres. Ca, n'l'oublie pas, ca n's'oublie pas.. .

Santi. ♪

Il est 15h46, pourtant, pour moi, c'est à peine le matin. Je me réveille d'un cauchemar atroce. Un morceau d'amertume sur les dents, et le sifflement d'un retour mauvais dans les oreilles. Je me lève. Devant le miroir, mes yeux sont vides. Ce n'est qu'un reflet de brouillard, flou. Je suis toujours la même, pourtant, je ne connais pas cette fille, je ne la connais plus. J'ai oublié, l'espace d'un instant. Ma peau recouverte de regrets. Je sors. Les oiseaux ne chantent pas, encore. Il est trop tôt je crois. Demain peut-être, s'ils sont toujours là. Les escaliers ne me semblent plus aussi familiers qu'ils ne me semblaient l'être. Et chaque pas, aussi lourd soit-il, reste silencieux. Oppressant. Une porte au fond, une sortie, une fuite inenvisageable. Je voudrais partir, plutôt que de reconnaitre la dure réalité qui me crache elle-même à la gueule. Mais les erreurs du sommeil sont à rattrapper. Un sourire faux, avant de me rendre compte que la pièce est vide, que je n'ai plus besoin de me cacher. Pourtant, la pression & l'angoisse reviennent. Elles me poussent, me déstabilisent. Je trébuche, devant des regards interrogateurs, pourtant absents. L'envie de rire de moi-même aussi est partie. Je suis seule et je le sais. Personne n'était là pour me rattrapper. J'ouvre la fenêtre, le paysage m'est inconnu, lui-aussi. Quelque chose est différent. Ou tout a peut-être changé. Je n'sais plus rien, comme si je devais tout réapprendre de moi, de mon passé, mon présent. Ce qu'il me reste à faire. Je n'sais plus. Je me suis perdue dans le vide. Incapable d'avancer encore avec ce manque, je dois retrouver ce que j'ai laissé derrière moi, quand mes yeux refusaient encore de s'ouvrir, quand rien ne m'etait étranger.. .




Je n'pense pas qu'on puisse fasciner quelque personne que ce soit. On éveille simplement sa curiosité. C'est dommage.

On peut se battre contre ses peurs. Pas contre soi-même.

Il est tôt. Il fait déjà jour. Couchée, le soleil brûle mes paupières. Effet de loupe sur la paille. J'ouvre les yeux. Réalise. La fin d'un cauchemar. En une nuit, j'ai reculé encore d'un pas. Il me faudra courir. Rattrapper le retard. Ou le devancer. User de mes forces. Oublier la crainte, passer outre les plaintes. Je dois être forte. Je suis juste sotte.
Sombre pensée, je me cache pour aller bien. Là où rien ne me fâche. Tout m'bouffe. J'ai promis, plus jamais. Et si tout le reste explosait, quelle difference, il ne me reste plus rien, je ne réponds plus de rien. Je ne compte plus aux yeux de ceux... Je n'ai rien compris, je n'ai jamais su. J'ai seulement pensé, incapable de me persuader. Les portes claquent. La vérité tombe. Face à un océan de certitude, je m'éfondre. Mes croyances infondées me rongent encore. L'illusion est le pire décor qu'une vie puisse avoir. On ne vit pas dans le rêve, seulement on meurt après la réalité. On subit. On se tait. On apprend les lois de la vie. Les regles de la pensée.

Why so serious.

& ne s'attacher à rien, puisqu'on perd tout un jour.

Peck a piece of brain, and take my hand.

I don't feel my fingers on your crystal's skins. I missed, I fall, I don't feel anything. I need splint, stony heart, affraid. A bad spirit seizes my senses. Tear up my lungs, I can't breathe. I've lost my heart, I've throw my tears, Strength disappears, face to face. Mirror doesn't reflect your sweet face. You let me bathe in your blood. I needed flesh to make up for wounds. You were here, I'm sorry, You could be one... I promised, I betrayed, I wouldn't begin again, Put your head, on my chest, Your naked body. And my dreams, your pleasure, imperfect fusion. I've drawn on the wall, your perfect lines. Before finding your guts on the armchair. You crept my past, exit of my memories. Without arm, I finish my iron revenge.

"Le problème, quand on danse nu, c'est que tout n's'arrête pas avec la musique."

Tu vois c'est comme ça Il n'y a ni porte ni fenêtre Pas plus que de ponctuation dans mon texte C'est confus Sombre et si clair à la fois C'est pas si mal C'est un peu plus qu'une envie Un besoin Mais aussi accessible qu'il semble C'est faux Quelques poignées d'espoir encore Illusion Comment veux-tu sortir sans issue Pourtant moi j'y suis parvenue tu sais Mais sans volonté on n'arrive à rien Alors Suis-je la même qu'avant Oui sûrement Mais toi non plus tu n'as pas changé Je t'ai enfermée là Et quand bien même tu trouverais un chemin ne t'y aventures pas Et quand bien même tu trouverais une clef n'en cherche pas l'utilité Elle n'en a pas Pas plus que mes écrits ont un sens Tu sais je suis une idiote et tu avais raison Sotte Mais qu'en reste-t-il à présent Présent Le mal être est parti Suis le dans l'abîme Vas t'en Fuis par n'importe quelle pensée ouverte puisque les portes sont comblées depuis longtemps Vire tes mots de haîne qui maintiennent mes chaînes Je ne suis libre que sans toi Je vais te libérer de moi alors oublie Oublie tout de moi Et quand tu verras la lumière Ne te retournes pas Non Jamais Tu n'es que l'ombre d'un passé Et bien loin déjà Tu n'es rien quand je reprend ma place

Sourdine.

Insignifiante partie de mon être. J'ai chargé mon âme d'oublier, avant qu'on ne m'oublie. Mais la mémoire est inconsciente, reste impuissante. Le corps n'a pas besoin du coeur, tant que le coeur veut un corps. J'ai échoué. Je me suis moi-même tournée le dos. Haïr sa propre personne est-il un mal? Protéger les autres de soi. Vendre sa peau contre un sentiment. Arracher les trippes de son voisin, pour être plus belle. Se sentir 'autre'. Quitter ses chairs. Se laver de toutes frayeurs. Chasser ses angoisses. Troquer le bien pour posseder le mal. Qui es-tu pour parler de moi à la 1ere personne? Pour qui te prends-tu? Tu n'es qu'autre. Ailleurs. Je n't'appartiens pas, qui que tu sois. Je suis entièrement libre de mes erreurs. Jalouser une vie semblable à la sienne. Je ne pleure plus. J'ai arrêté depuis longtemps. Depuis que je n'aime plus. Je connais l'indifférence, oh je ne la connais que trop bien. Et j'aurais voulu ne jamais être tombée en amour, pas même une seule fois, parc'qu'à chaque chute, je me blesse. Et je hais ceux qui s'aiment. Parc'que c'est mon manque, mon besoin ou mon envie, je n'en sais rien. Oui, la solitude me hante. Comment peut-on être suivit par le vide, Alors qu'il n'est rien... Mais tant à la fois. J'en ai assez de me contredire. Je ne vois rien. Simple putréfaction de ma chair en action. Rejet et dégout. Déchirer l'exterieur. Ne plus voiler l'interieur. Exhibition de soi-même. Mille tableaux ratés. Experiences foirées. Désastres emportés. Poison de souvenirs, sérum d'oubli. J'ai tant désiré, qu'à présent je n'veux plus rien. J'ai les yeux humides, mais le regard vide. Inutile d'insister, je n'irai pas plus loin. La trace de mes pas s'arrête ici, avant de s'effacer derrière mon passage. Comme un brouillon souillé. Je pars.