dimanche, août 21, 2011

Fibres d'ennui.

Inconnue, face à elle-même. Fille anonyme bouffée par ses rêves, encore et encore. Petite bulle, bousculée dans tous les sens, jetée à terre. Gamine essoufflée de courir après des chimères. C'sentiment incertain, qui ronge l'âme, c't'impression d'abandon, qui lui retourne les tripes. Et tournent en boucle les regrets, les remords, des paroles qui n'ramènent pas les morts.  Incapable. Impuissante et à la fois sournoise. Son esprit est troublé souvent, et n'est libre que lorsque les craintes s'échappent. Injustice, le mal-être s'impose. Et ses rêves que rien ne chasse. Le sourire est comme figé, visage de glace. Le rythme s'accélère, encore, les battements toujours plus douloureux. Remise en question, elle cogite, le cœur s'éteint, la mémoire s'agite. Puis, plus rien. Anesthésie générale, un appel au secours, le cerveau s'est évadé. 
Urgence, il s'est accordé le rêve, une fois de plus, le corps gisant à terre, le souffle est coupé.

Songe(s).

Deux mondes parallèles qui opposeraient laideur et perfection.
 
 
 
Cachée derrière la porte des complexes, n'ose pas jeter un coup d'oeil au dehors, trop hostile, le monde des gens parfaits. Rongée par la peur de se montrer, mais surtout bouffée par celle de se regarder. Critiquer ce corps sale de laideur, pauvre d'admiration , et plein d'envie. A travers le jardin des idéaux, s'étendent les presque parfaits, presque trop. Au delà d'un sentier de jalousie, c'est l'envie de se vomir en dedans. De l'autre coté, la piece est fermée, seul le froissement des vetements retirés, du visage dévoilé, le corps mis à nu, sont audibles. Alors comment savoir ? Si personne ne voit, alors personne ne sait, que là, au fond, la laideur effraie. Le coeur délavé, c'est un regard haineux qui se porte sur sa personne, des regrets, encore. Alors c'est ca ? Le devoir de s'accepter sans se plaindre, vivre sans se dissimuler. Mais regardez-moi, le masque sur mon visage, cet entrain de fierté et d'assurance, c'est tellement facile.
C'est tellement fictif et éphémère, je n'ai pas grand chose pour moi, pourtant tellement de choses que j'aurais désirées, quitte a etre quelqu'un autre. Une coquille vide, voilà, il n'y a rien a comprendre, rien a savoir de plus, je ne suis qu'une apparence, je crois.

Ombre.

Bouffée par ses rêves, la réalité l'a percutée.
 
Elle s'asseyait souvent, les jambes pliées contre son torse, et les bras croisés sur ses genoux, dans une baignoire vide. Et elle passait des heures à chialer. Cette fois-ci, elle semblait différente, changée en quelque chose. Son corps était le même, sa posture aussi. Mais bouffée par ses rêves, la réalité l'a percutée. Elle s'est dévoilée, nue, à elle-même. Ôtant toute pudeur à ce corps imposant. D'épaisses cuisses, un profil à découper, un petit buste, les hanches trop larges, un visage laid à pleurer. Chaque seconde séparant ses sanglots, laissait vaciller ses pupilles, les paupières au repos. Des cernes violettes ornaient son visage depuis des semaines déjà. Comme toujours, un silence pesant régnait dans la pièce, l'enveloppe parle d'elle-même. Répugnante, voilà ce qu'elle est. Le cœur devient une machine, ne servant plus qu'à un usage vital. Plus de sentiments, juste le dégoût.
 
Elle voudrait disparaître, à l'inverse de se vomir, elle voudrait rentrer en dedans. Dans cet intérieur même, on y trouverait foie, poumons, rate, reins, et autres organes insensibles. Un peu plus haut, au centre des réflexions, c'est un bordel innommable, duquel on ne décèlerait pas la moindre pensée. A tout perdre, elle devient l'ombre de ce qu'elle représente. Ne répond plus de rien. Malaise. Elle se lève, la baignoire est toujours vide, la pièce silencieuse. Entoure une serviette autour d'elle, attachée en haut de sa poitrine, elle retourne le miroir. "C'est mieux ainsi", avant de reprendre sa place initiale.
 
 
Pleurer, c'est tout ce qu'elle sait faire.

Incohérence.

A chaque vérité naissante, quelque chose se meurt. L'insouciance est vite remplacée par un flot d'inepties.  On dit que ce monde ne laisse pas de place au rêve, pourtant, l'illusion est partout. Le désir lui-même, représente un espoir. L'évasion d'un instant, alors que nous devrions être des machines. Aucun sentiment, tout n'est que savoir et performance. Détruire, sans pour autant ressentir quoi que se soit. Et surtout pas de l'amour. Oh non, l'amour c'est avancer d'un pas, et reculer de deux.
C'est un cercle vicieux, un sous-vêtement qui ne se dégrafe jamais malgré une envie d'exhiber le cœur, là, au fond de sa cage, il ne demande qu'à sortir, seulement retenu par une enveloppe charnelle, et un peu de tissu. Il lui en faudrait peu pour s'évader, courir après de nouveaux horizons, apprendre à se retenir. En attendant, il colle un peu partout ses chagrins comme des stickers, oublie la pudeur de l'âme, jusqu'à l'humilier.
Aucune culpabilité, et un peu masochiste, l'organe se délecte de son propre malheur, parce qu'il sait qu'après ça, il ne pourra que mieux apprécier son contraire. La raison n'est que restriction, sans apporter regret aucun, elle souffle des remords en plein visage.

S'égarer

Perdu en plein air, petit voilier a confondu ciel et mer.
D'une paresse innocente, s'est laissé emporté, non pas au gré des vagues, mais par le courant des nuages. Les voyageurs affolés, sûr'ment la même panique sur le quai, de n'pas voir revenir les passagers. Appels au s'cours en vain, les machines volantes n'entendent rien. Petit bateau inconscient, navigue encore on n'sait comment. Capitaine toujours enfant, rêve à travers les cotons du vent. Des formes se dessinent, pendant que les autres lui font signe. Monsieur n'les voit pas, se laisse caresser par le froid.Amarrer en tout horizon, et s'abandonner à la déraison.

Sanction.

Des erreurs, de jolies fautes d'orthographe, des bavures de premier rang, quelles qu'elles soient, le degré d'acceptation est le même que celui du pardon. Variable, indécis, et donc imprévisible. Parfois aisé, d'autres fois plus amer, moins supportable. Un sourire, une courbette, l'intention n'y est pas mais le geste est là. Le processus est lancé, l'oubli quant à lui, met plus de temps. Je ne fais pas de mon cas une généralité, mais je pense que pour tout être normalement constitué, il en est de même. « La parole est d'argent, le silence est d'or », certaines passades, le silence vainc parc'qu'il détruit, et que la parole elle, ne peut que blesser, je crois. La capacité à dénigrer quelqu'un et le laisser dans l'indifférence, par l'humain, est incalculable, et certainement indéfinie encore jusqu'à maintenant. C'est simple de savoir toucher son semblable, il n'y a qu'à songer à ce qui nous blesserait tous, afin de trouver une faille plausible et générale. Potentielle chute de l'autre.
L'humain social l'est parc'qu'il est cruel.

Le temps, une interminable bobine de fil.

La Sôma. C'est le nom de ma deuxième Terre. Le petit monde que j'ai créé, depuis qu'tu n'es plus là. Parc'que c'est un peu de toi, et aussi parc'que ça ressemble à « Coma ». L'âme déchirée, c'est toujours vers toi, que je me tourne, depuis que tu es parti. Je n'pleure pas sur mon sort, c'est seul'ment toi que j'implore. Tu comprends ? Là-bas, il n'y a rien, là-bas, tu y demeures encore. Vivant, je n'sais pas si j'ai vraiment réalisé, ou si je rejette encore ton image sur les autres. C'est comme un diaporama différé, qui défile, et n's'arrête jamais. Un peu abjecte, c'est une pensée dans laquelle je me conforte. Souvent, elle m'apaise, alors que je devrais ouvrir les yeux, pour toi, pour que tu voies le monde, à travers ma rétine. Une vision un peu atrophiée, mais je m'en contente. Ici, le « nous » n'existe plus. Toi non plus. Et quand je m'en vais, à l'intérieur de ce petit jardin secret, alors tout est différent, presque parfait. Comme si mon inconscient me servait à rejoindre l'au-delà, quand je rêve encore de toi. Oui, c'est un peu comme si parfois, je parvenais à t'atteindre, t'effleurer, sans pouvoir vraiment te toucher. Dans ces instants là, j'ai toutes sortes d'impressions, comme celle d'être capable de te ramener dans ma vie, qui n'en est plus tell'ment une. De par ton absence, tu n'as pas su garder le silence, et tu harcèles encore souvent l'abstrait des dessous de ma conscience, sans même le savoir, tu as tout changé de moi. Le créateur, insouciant encore de l'œuvre ratée qu'il est sur le point de réaliser. Une bombe à retardement, qu'il perd, et ne retrouvera jamais. Destructrice, dangereuse. J'y entends au-dedans, quelques confessions interdites, que les enfants ne révèlent à personne, mais dont les bribes futures se sont échappées déjà.