Bouffée par ses rêves, la réalité l'a percutée.
Elle s'asseyait souvent, les jambes pliées contre son torse, et les bras croisés sur ses genoux, dans une baignoire vide. Et elle passait des heures à chialer. Cette fois-ci, elle semblait différente, changée en quelque chose. Son corps était le même, sa posture aussi. Mais bouffée par ses rêves, la réalité l'a percutée. Elle s'est dévoilée, nue, à elle-même. Ôtant toute pudeur à ce corps imposant. D'épaisses cuisses, un profil à découper, un petit buste, les hanches trop larges, un visage laid à pleurer. Chaque seconde séparant ses sanglots, laissait vaciller ses pupilles, les paupières au repos. Des cernes violettes ornaient son visage depuis des semaines déjà. Comme toujours, un silence pesant régnait dans la pièce, l'enveloppe parle d'elle-même. Répugnante, voilà ce qu'elle est. Le cœur devient une machine, ne servant plus qu'à un usage vital. Plus de sentiments, juste le dégoût.
Elle voudrait disparaître, à l'inverse de se vomir, elle voudrait rentrer en dedans. Dans cet intérieur même, on y trouverait foie, poumons, rate, reins, et autres organes insensibles. Un peu plus haut, au centre des réflexions, c'est un bordel innommable, duquel on ne décèlerait pas la moindre pensée. A tout perdre, elle devient l'ombre de ce qu'elle représente. Ne répond plus de rien. Malaise. Elle se lève, la baignoire est toujours vide, la pièce silencieuse. Entoure une serviette autour d'elle, attachée en haut de sa poitrine, elle retourne le miroir. "C'est mieux ainsi", avant de reprendre sa place initiale.
Pleurer, c'est tout ce qu'elle sait faire.
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